
Dans cette famille, à table, les enfants mangeaient à toute vitesse sans parler.
Il est vrai que leur papa leur avait inculqué la politesse la plus stricte et que ses sœurs avaient vite fait leur choix : manger d’abord, le plus vite possible, pour avoir le droit, ensuite, de parler librement, bouche vide, le plus longtemps possible avant que retentisse le coup de gong paternel intimant le retour au silence total. Mais une telle discipline coupait l’appétit à la cadette, Agathe, qui aurait préféré se libérer de ses pensées avant toute chose et ne se remplir le ventre qu’ensuite.

Elle ne retrouverait le goût à la mangeaille que le jour où elle aurait d’abord tout dit, car une fois le ventre plein, personne n’avait plus goût à l’écouter. C’est ainsi qu’Agathe perdit peu à peu l’appétit et la parole, ce dont personne ne s’étonna vu qu’elle avait toujours tout mis en œuvre pour ne pas faire comme il se doit, sûrement afin de se mettre en avant. De toute façon, toute famille compte une brebis galeuse, une âme maudite ! La faute à personne si ce sort tomba sur la cadette !
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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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Votre Agathe ressemble bien plus à une victime qu’à une brebis galeuse…
Trop réaliste, je n’aime pas forcément.
À mon humble avis, ce qui a manqué pour ne pas arriver à cette situation déplorable, c’est une explication calme et utile sur les raisons de se comporter ainsi et les dégâts qui peuvent en résulter, encore faut-il le savoir et en mesurer l’importance !
J’ai connu ça aussi, coup de gong maternel, et oui ,j apprécie cette éducation, dure , certes…..mais quand mon père s est retrouvé au chômage à la naissance d Arielle, ma mère faisait les nuits à l hôpital, plus gérer le travail de la maison….
Comme toi, j’ai connu des temps d’antan où la discipline était bien trop poussée et exagérée en rapport avec notre époque actuelle où c’est complètement le contraire.
Il faudrait trouver un juste milieu que seuls les “Sages” pourraient nous transmettre afin de connaître des jours meilleurs.
Aujourd’hui les enfants sont roi et décident de tout, les rôles sont inversés, il n’y a plus de barrières…