
C’était dans la saison qui fait mûrir la figue.
Là, tu venais cueillir, en rêvant, sur le tard,
A l’heure où le soleil, épuisé, se fatigue,
Ces fleurs sauvages qui captivaient ton regard.
Dans tes besoins d’Azur où ton esprit navigue,
Tu les avais rêvées, splendides, quelque part,
Dans ces chemins ardus de lande et de garrigue
Où s’attarde un parfum de musc et de nectar.
Toi, tu n’es pourtant pas la moindre des Sylphides.
As-tu besoin de fleurs pour dire ta beauté
Et de marcher longtemps sous les clartés torrides
En déchirant tes pas sans jamais sangloter?
Pourtant tous ces bouquets faneront dans un vase
Fût-il même en cristal pour parfaire l’extase.