Nous avons précédemment abordé le sujet de la procrastination sur le mode anecdotique.
Etudions le aujourd’hui sous son jour pathologique. Ce que j’ai nommé le syndrome de la bonne du curé. « J’voudrais bien, mais j’peux point », on connait la chanson me direz-vous.
Il existe une théorie reprise par la neurobiologie : la loi Laborit*qui part du constat que c’est dans la nature humaine de préférer se consacrer en priorité à une mission qui nous fait plaisir et de fuir celle qui nous stresse.
Les cas illustrant ce syndrome sont légion : le fumeur invétéré, l’addict aux jeux en ligne, le chômeur par vocation, mais aussi le Tanguy, celui qui tous les soirs se dit « demain je quitterai la maison de mes parents ».
Il n’existe pas de sirop Typhon comme universelle panacée pour contrer ce syndrome, mais des outils dont deux, utilisés conjointement, peuvent servir de levier pour aller de l’avant.
Vous connaissez le principe du levier : d’abord il appuie, ensuite il soulève.
Dans notre cas de figure, la première manœuvre pourrait s’appeler la contrition au sens laïque du terme : se faire un réel reproche d’avoir manqué à sa parole. Comme toute parole, celle-ci est multiple et concerne à la fois soit même, son entourage (sa famille par exemple) et même Dieu pour le croyant.
La manœuvre consécutive s’appellera la résolution. D’ailleurs, on dit que toute relecture de sa journée, priante ou méditative, doit s’achever par une résolution pour le jour suivant. Comme celle de la contrition, la parole de résolution ne concerne pas que soit. Elle a besoin de témoins. Des proches pouvant attester que j’ai fait ce que j’ai promis dans ma résolution. Pour être crédibles, les deux mouvements doivent être précis : on doit dire en toutes lettres ce que l’on regrette et à quoi on s’engage. Ce n’est qu’à ce prix que l’effet levier agira. Et il s’agit de renoncer à se chanter Aujourd’hui peut-être ou alors demain.
Quand le soir on prend la résolution de changer son fusil d’épaule dès demain, on y met des cartouches valables juste le lendemain et non le surlendemain.
Personne ne pourra faire tout cela à la place de la bonne du curé, à la place du procrastinateur qui se complait dans sa situation addictive.
Le remède est donc dans les mains de chacune et de chacun, souvent à son insu !
Et jamais dans celles de la voisine ou du voisin.
- *Pour connaître la loi Laborit :
https://www.helloworkplace.fr/loi-laborit/?utm_source=regionsjob&utm_medium=siteweb&utm_campaign=/actualites/procrastinateur-precrastinateur-meme-combat.html&utm_content=edito&utm_term=10-conseils-pour-arr%c3%aater-de-procrastiner
Merci pour ce partage intéressant et utile !