Le syndrome de la bonne du curé – Jean-Marie Audrain

 Nous avons précédemment abordé le sujet de la procrastination sur le mode anecdotique.

Etudions le aujourd’hui sous son jour pathologique. Ce que j’ai nommé le syndrome de la bonne du curé. « J’voudrais bien, mais j’peux point », on connait la chanson me direz-vous.

Il existe une théorie reprise par la neurobiologie : la loi Laborit*qui part du constat que  c’est dans la nature humaine de préférer se consacrer en priorité à une mission qui nous fait plaisir et de fuir celle qui nous stresse.

Les cas illustrant ce syndrome sont légion : le fumeur invétéré, l’addict aux jeux en ligne, le chômeur par vocation, mais aussi le Tanguy, celui qui tous les soirs se dit « demain je quitterai la maison de mes parents ».

Il n’existe pas de sirop Typhon comme universelle panacée pour contrer ce syndrome, mais des outils dont deux, utilisés conjointement, peuvent servir de levier pour aller de l’avant.

Vous connaissez le principe du levier : d’abord il appuie, ensuite il soulève.

Dans notre cas de figure, la première manœuvre pourrait s’appeler la contrition au sens laïque du terme : se faire un réel reproche d’avoir manqué à sa parole. Comme toute parole, celle-ci est multiple et concerne à la fois soit même, son entourage (sa famille par exemple) et même Dieu pour le croyant.

La manœuvre consécutive s’appellera la résolution. D’ailleurs, on dit que toute relecture de sa journée, priante ou méditative, doit s’achever par une résolution pour le jour suivant. Comme celle de la contrition, la parole de résolution ne concerne pas que soit. Elle a besoin de témoins. Des proches pouvant attester que j’ai fait ce que j’ai promis dans ma résolution. Pour être crédibles, les deux mouvements doivent être précis : on doit dire en toutes lettres ce que l’on regrette et à quoi on s’engage. Ce n’est qu’à ce prix que l’effet levier agira. Et il s’agit de renoncer à se chanter Aujourd’hui peut-être ou alors demain.

Quand le soir on prend la résolution de changer son fusil d’épaule dès demain, on y met des cartouches valables juste le lendemain et non le surlendemain.

Personne ne pourra faire tout cela à la place de la bonne du curé, à la place du procrastinateur qui se complait dans sa situation addictive.

Le remède est donc dans les mains de chacune et de chacun, souvent à son insu !

Et jamais dans celles de la voisine ou du voisin.

 

  • *Pour connaître la loi Laborit :

https://www.helloworkplace.fr/loi-laborit/?utm_source=regionsjob&utm_medium=siteweb&utm_campaign=/actualites/procrastinateur-precrastinateur-meme-combat.html&utm_content=edito&utm_term=10-conseils-pour-arr%c3%aater-de-procrastiner

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (792)

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : https://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial. Malgré tout il vient d'autoéditer le florilège de toute en vie et dans tous les syles : https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM et d'écrire des chansons pour 3 CD d'Ophélie Morival (puis pour d'autres voix amies) : https://www.youtube.com/watch?v=Q0bvWkljrlw.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Brahim Boumedien
11 février 2022 11 h 48 min

Merci pour ce partage intéressant et utile !