L’Apocalypse – Philippe Dutailly

Pompéi fut rasé par un volcan peu sage

Et l’on pensa qu’un dieu y livrait son message

Mais à Hiroshima ce souffle maléfique

Fut le but final du savoir scientifique.

 

Sur ce brasier infâme causant la crémation,

Un champignon opaque était en formation.

Dieu constata l’horreur mais préféra se taire,

En laissant son enfer s’emparer de la terre.

 

Cette déflagration contrôlée des atomes

Changea, en un éclair, des hommes en fantôme,

Spectres carbonisés conservant l’attitude

D’un moment de journée réglé par l’habitude.

 

La ville n’était plus qu’un nom sur les pancartes,

Elle s’était effondrée tel un château de cartes

Et semblait maintenant peuplée par des chimères

Quand s’agitaient encor des ombres éphémères.

 

Ce souffle terrifiant envahissant l’espace

Figea, à tout jamais, l’instant de vie qui passe

Saisissant, sur le vif, des humains sans tristesse,

Ignorants que la mort les prendrait de vitesse.

 

25 03 1995

© Philippe Dutailly – Un siècle en légendes

 

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Camille M.
Membre
26 avril 2021 14 h 56 min

Tristes tropiques…

Alain Salvador
Membre
24 avril 2021 10 h 28 min

Un poème qui fait froid dans le dos, qui nous ramène à la réalité de la civilisation, et toujours aussi bien écrit.. Super Philippe 👍

Pascale Jarmuzynski
24 avril 2021 9 h 17 min

La nature peut être terrible …
mais l’homme l’est plus encore ….
Belle journée à vous.