J’aimerais mourir pour quelques instants
N’avoir plus, du monde, la notion du temps.
Me désintégrer dans un univers
Où je verrai ma vie défiler à l’envers.
Et dans la nébuleuse des trépassés,
Où croupiront mes silences compassés,
Je me ferais juge, dans un tribunal
Où comparaîtra mon passé infernal.
Je désirerais, à ma plaidoirie,
Ces gens de rencontre, mes chers amis.
La sincérité de leurs sentiments
Serait capitale à ce jugement.
Je m’isolerai après la séance,
Délibérerais sur mes déchéances
Et m’accuserais de méfaits infâmes
Qui s’ajouteront au poids de mon blâme.
Et quand viendra l’heure du dénouement
Je m’acquitterai, bien évidemment,
Cédant à l’instinct de conservation
Qui pardonne toujours mes dérivations !
© 13 04 1978 – Philippe Dutailly
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Tombé amoureux de "L'albatros" de Charles Baudelaire, poème appris lorsque j'étais 'écolier et nourri au hasard de Victor Hugo, Georges Brassens, Léo Ferré, Lamartine et beaucoup d'autres, j'ai commencé à faire rimer les mots vers l'âge de 18 ans. D'abord très inspiré par Brassens, j'ai pris, au fil du temps, mon autonomie pour en venir à des textes plus intimes qui, pour certains, servirent d'exutoire à des émotions mal vécues. J'ai tenté des textes humoristiques (La ronde infernale, la crue), des textes légers (Langueurs impressionnistes, Sirènes), des textes d'amour (Les temps morts de jeunesse) et des textes plus graves (L'holocauste, l’Apocalypse)
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Touchée encore en relisant ce texte originalement écrit.
Le crayon des erreurs s’use
Ne s’use la gomme du pardon
Surtout celle du divin 🪶
Beau texte, Philippe.
Merci pour ce partage où l’accusé n’ a besoin ni de juge ni d’avocat : il se juge et se défend avec talent !