Je connais des voyages  – Jean-Marie Audrain

 

Il m’a dit : « C’est complet !

Tu ne peux pas me suivre

Là où ce soir je pars

Ce n’est qu’à tout jamais

Un aller solitaire

J’abandonne sans regret

Ce monde en faux-semblants

Et me laisse glisser

Sans bagage et sans larmes. »

 

J’ai répondu « Ami,

Je connais des voyages

Que l’on peut faire à deux

Vers d’autres destinées

Et d’où l’on s’en revient

Inconnus à nous-mêmes

Refigurés plein-cœur

Pour un nouveau départ

Encore insoupçonné. »

 

 

Elle m’a dit : « C’est fini !

A Dieu ou bien à Diable

J’embarque pour l’inconnu

Abandonnant place nette

A ceux qui m’oublieront

Moi qui n’étais qu’une ombre

Au milieu du troupeau

Je m’en vais avec elle

Me fondre en son pays ».

 

J’ai répondu « Amie,

Je connais des voyages

Que l’on peut faire à deux

Vers d’autres destinées

Et d’où l’on s’en revient

Inconnus à nous-mêmes

Refigurés plein-cœur

Pour un nouveau départ

Encore insoupçonné. »

 

 

Il m’a dit : « C’est raté

Je peux jeter l’éponge

Laissant sur le tapis

Mes faux espoirs déçus

Condamné je me vois

Qui me bande les yeux

Pour sombrer en apnée

Tout au fond du Grand Noir

Où se dilue la vie ».

 

J’ai répondu « Ami,

Je connais des voyages

Que l’on peut faire à deux

Vers d’autres destinées

Et d’où l’on s’en revient

Inconnus à nous-mêmes

Refigurés plein-cœur

Pour un nouveau départ

Encore insoupçonné. »

 

 

A écouter ici en chanson : 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (971)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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