
Guérison hors d’haleine
De longs jours en semaines
De semaines en longs mois
Pour le cœur, grand coup de froid.
Partie sans même crier gare
Comme une maladie honteuse
Le corps toujours sur le départ
Pour te sentir libre et heureuse.
Tu me laisses comme tu m’a laissé
De tout de toi handicapé
Amputé de ton beau sourire
De ta voix au timbre subtil
Comme un chant de sirène ivre
Au rire ne tenant qu’à un fil.
Estropié de tes mille parfums
De toutes tes senteurs fruitées
Au lit tu m’as abandonné
Seul juste avec ton traversin.
Tu me laisses comme tu m’a laissé
De tout de toi handicapé
Estropié de ta douceur
De ta peau de soie au réveil
De nos insomnies cœur à cœur
De ta tendresse sans pareil.
Entre nous tu as mis les heures
Les kilomètres décalés
Les iles, les typhons et leurs peurs
Pour ne plus te laisser trouver.
Tu me laisses comme tu m’a laissé
De tout de toi handicapé
Tu as fait de moi un sous-homme
Une soustraction, une division
Un reliquat, un minimum
Un frêle esquif à l’abandon.
Chanson : « Dis-quand reviendras-tu ? »
Jamais je ne te chanterai
Puisque seul l’abandon t’a plu
Persuadée que je t’attendrai.
Tu me laisses comme tu m’a laissé
De tout de toi handicapé
Tu me laisses comme tu m’a laissé
De tout de toi handicapé
A écouter ici en chanson :
Il y a dans ce poème une pudeur bouleversante. Vous ne criez pas la douleur, vous la faites respirer. Elle circule comme une ombre portée — sans spectacle, sans insistance. Ces manques, ces choix métaphoriques en disent bien plus que les cris. J’aime profondément cette retenue, cette manière de faire ressentir sans imposer, de laisser le lecteur habiter la blessure sans l’étouffer.
Ce poème donne voix à la douleur dans sa phase initiale — celle de la séparation. Celle qui laisse sans mots, qui échappe à toute description. Et pourtant, vous l’avez dite. Chapeau bas, l’artiste.
Il est sur qu’ont se trouve ,seul sans le beau sourire d’une personne qui compte ,triste ,beau .
Très bien décrit l’abandon. Il se sent amputé car il lui manque quelque chose, elle bien évidemment.
très beau, très touchant, triste aussi …
Merci beaucoup 😊 JMarie
la tristesse de la séparation
Bon week-end
Marilyn
Mal au cœur pour toi L’ Ami 🥲
Merci Jean Marie pour cette belle chanson ou il y a abandon du compagnon qui souffre…mais laisser partir sans retenir c’est accepter que le réciproque n’ était pas assez fort.
Bon début de semaine a toi bisous Domi.
Le décès de l’être aimé te laisse sans voix effectivement. La douleur est intense.
Le départ de celle ou de celui qui s’en va, laisse l’autre perdu(e).
Dans ce texte si fort, celui qui Reste se sebt un ‘sous-homme”, un être blessé en sa dignité qui s’en est aussi allée. Un genre d’amputation…à vie.
Tant vivent les sentiments et douleurs émotionnelles, psychologiques, physiologiques et spirituelles que traduisent les lignes de ce texte qui se fait une voix, pour tous les “paralysés et handicapés” de l’autre, de lui ou d’elle, de tout.
Un désir de vengeance, cri de révolte, contre “l’injuste” s’exprime aussi. Pourquoi chanter l’autre qui nous a fait tant souffrir à tous les modes et temps… ? Cette colère doit s’exprimer.
With time…we heal.
And…we forgive…so to move on and be free..
Loving ourselves again, exceptional human beings, us possible, n’est-ce pas.
Quel texte !
LMA.
Bonjour Jean-Marie,
Tu évoques le douloureux thème de l’abandon amoureux.
ça fait mal à l’esprit, au corps.
L’on se sent fréquemment désavoué, trahi.
Néanmoins, il faut accepter, souvent, une injustice. Pourtant, il faut une Force pour repartir, (re)Vivre.
Cordialement.
G.L.