Découvrir une forme chantée de poème chinois. Cela vous dit d’apprendre à écrire ce genre de poésie ? Par l’exemple, je vous l’explique. Gérard Lepoutre

Bonjour à tous et toutes,

Le « qu » est une forme poétique chinoise née dans le contexte du théâtre et d’un air préexistant d’une chanson.

¤

¤

¤

Voici deux formes de « qu » de ma composition :

Sur l’air : Tian jing sha : (5 vers)

Chef, à boire ! (3 syllabes – rime A)

Vin de Loire (3 syllabes – rime A)

Grand pain bien cuit du terroir (7 syllabes – rime A)

Gelée de poires (4 syllabes – rime A)

Taverne d’été dans le noir. (7 syllabes -rime A)

Sur l’air musical : Zhègutian : (8 vers)

Matins de printemps, bonheur ! (7 syllabes – Rime A)

Chiens fidèles aboient dans l’heure (7 syllabes – Rime A)

Champs à l’infini en fleurs (7 syllabes – Rime A)

Rizières à l’air prometteur (7 syllabes – Rime A)

Chants d’amour dans un grand coeur (7 syllabes – Rime A)

Promenades, à pile six heures ! (7 syllabes – Rime A)

Calme plat d’un jour porteur (7 syllabes – Rime A)

Joies d’un ami travailleur. (7 syllabes – Rime A)

«  Qu » de Ma Zhiyuan (vers 1250-1321) « Pensées d’automne »

Sur l’air de « Tian jing sha » (traduction courante)

**Un ciel clair, un vent léger,

Une feuille sèche, un oiseau migrateur.

Au long du chemin, un vieux pont sur un ruisseau mince,

A l’horizon, un village aux fumées rares.

Un flacon de vin, un manteau usé,

Un homme solitaire au cœur brisé,

Sur la route du couchant.**

«  Qu » de Guan Hanqing (XIIIè siècle) – Chant du vent d’automne

Sur l’air musical « Shanpo yang » (traduction courante)

**Le vent d’automne souffle,

La lune d’automne brille.

Les feuilles tombent sans fin,

Les herbes se fanent sans retour.

Les oies sauvages crient dans le ciel,

Le fleuve clair roule vers l’est.

Qui sait que mon cœur

Se brise comme ces roseaux au bord de l’eau ? **

L’automne, ici, est une métaphore de la fragilité humaine.

Le « qu » se rapproche du chant populaire. Il s’enracine dans les chansons du Nord de la Chine, influencées par les cultures de la steppe. Sous les Yuan, période de domination mongole, le « qu » exprime la frustration politique, la désillusion, la joie populaire, l’ivresse, les chants de taverne.

Composer un poème chinois sous la forme d’un « qu » vous tente ? Essayez ! Appuyez-vous sur les exemples cités ci-dessus. Adressez votre poésie sur le site Plume de Poète. Merci, bonne journée à tous.

G.L. Gérard Lepoutre.

Gérard Lepoutre

Gérard Lepoutre (135)

Bonjour à tous,

J'ai 70 ans, né en 1955. Instituteur de formation, je vis dans les Hauts-de-France en banlieue lilloise ; j'suis un ch'ti. Je lis et écris régulièrement de la poésie. C'est une passion au même titre que la musique. J'aime le monde des arts. J'apprécie l'Histoire, les sciences humaines, la géographie aussi. Les découvertes des Hommes me font vibrer.
Les principaux élans de vie s'expriment essentiellement dans ce qu''on apprécie de faire. Rien, à mon sens, ne peut remplacer la motivation, l'envie d'aller de l'avant. En écrivant, l'on transmet un peu de soi, l'on éprouve le sentiment d'être vivant. L'on sème quelques graines qui parfois lèveront. L'on comble aussi des vides inéluctables de l'existence. Lisez donc, écrivez, faites-vous plaisir, inventez, créez. Réalisez-vous ! Faites-vous confiance !
Cordialement.
G.L.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires