
Jamais je n’entendis le chant de pâle aurore
des oiseaux qu’apeuré je gardais sous ma peau.
Ils n’avaient pas pu, las, de leur oeuf même éclore
Endormis par un vent soufflé du tombeau.
C’est la plus froide et ténébreuse amphore
que celle où le sang vif dort comme la plus calme eau.
Trésor perdu en moi, quelle grande Pandore
te délivrera donc de ce sombre caveau ?
Je suis une prison à mes espoirs mort-nés
Un désert asséchant la noble hémorragie
d’un coeur se voulant fort mais que les temps damnés
ont bloqué dans l’élan de sa jeune énergie.
Mais toute geôle connaît le parfum des vertiges,
La chanson des confins et le toucher de l’air.
Mon amour, tu es là, quittons ces vestiges
où l’esprit se renferme et où se meurt la chair.
Buvons jusqu’à la lie aux verres des amants
la sève du bonheur. Soyons notre royaume
et affirmons bien haut que tous nos tremblements
Briseront les durs fers de la femme et de l’homme.