Il était une fois deux canards qui étaient frères jumeaux. Ils ne se séparaient jamais et leurs parents qui avaient une passion pour le 7ème art qu’est le cinéma, leur avaient donné des prénoms qui pouvaient sembler bizarres pour des palmipèdes : César et Oscar.
Toute cette petite famille vivait loin là-bas, dans ce beau département qui est le Gard. Par rapport aux autres animaux de la ferme qui étaient répartis dans différents bâtimens, tous les quatre occupaient un ancien hangar qui appartenait à Richard, le fermier.
Parce qu’ils avaient comme tous les canards d’ailleurs, une démarche dandinante, les mauvaises langues parlaient à l’intérieur de l’exploitation agricole. On les trouvait fiers, arrogants. Nos deux frères n’en avaient cure et n’y prêtaient aucune attention, pas plus que les racontars qui étaient dits sur eux.
Ils préféraient jouer à droite et à gauche de la ferme, sous le regard bienveillant de Marguerite, leur maman, jamais très loin de ses deux rejetons. A côté de l’habitation principale se trouvait une petite mare. Et qui dit “mare” dit “canard”. César et Oscar aimaient y barboter depuis que Marguerite leur avait appris à nager alors qu’ils étaient encore tout jeunes.
Ce jour là, il avait fait encore très chaud et nos jeunes compagnons à plumes étaient de nouveau dans la mare. Des nénuphars, çà et là, étalaient leurs grandes feuilles rondes et colorées sur la surface de l’eau. Ils faisaient la joie des jumeaux qui ne se lassaient pas de les admirer quand ils nageaient parmi eux.
Oscar et César allaient rejoindre la rive quand ils aperçurent au loin quelque chose qui flottait. Intrigués, ils se mirent à nager plus vite pour s’en approcher et découvrirent alors que ce quelque chose était en fait le corps d’un caneton. Ils ne l’avaient jamais vu auparavant et en conclurent qu’il devait être un nouveau venu dans la ferme.
Les deux frères n’hésitèrent pas : ils se mirent à caqueter de plus en plus fort alertant ainsi tous les autres occupants des environs. Une cane fut la première à réagir : elle sauta dans l’eau et en quelques minutes se trouva à côté d’eux. Oscar et César comprirent qu’elle était la maman du petit et arrêtèrent aussitôt leur tintamarre pour deux raisons :
La première parce qu’ils avaient réussi à faire venir toutes les bêtes de la ferme et aussi Richard, le fermier qui, en quelques enjambées se retrouva lui aussi dans l’étendue d’eau. Cette dernière était peu profonde et en peu de temps, il arriva près du caneton qu’il prit délicatement dans ses mains et commença à le réchauffer.
Nos trois palmipèdes ne le quittèrent pas des yeux, surtout Caroline, la nouvelle venue. Son petit lui avait échappé pendant qu’elle visitait l’exploitation agricole et s’étant approché trop près de la mare, il était tombé dedans. Bien qu’il savait nager, il avait usé de ses forces et harassé par la fatigue, Martin avait fini par abandonner…
Après quelques minutes, Richard réussit à le ranimer. Le tenant toujours entre ses mains, il fit demi-tour pour prendre le chemin en sens inverse et déposa le jeune Martin sur la rive, à côté de Caroline qui avait rejoint entre temps la terre ferme.
Celle-ci regarda alors le jeune homme, César et Oscar, d’un long regard qui disait plein de choses que seule une mère peut dire quand son enfant est sauvé. Puis ce fut au tour des autres animaux qui, d’un seul élan, se mirent à fêter nos deux héros et leur demandèrent pardon pour tout le mal qu’ils avaient dit sur eux ainsi que sur leurs parents.
Nos quatre palmipèdes n’étaient pas rancuniers. De bon coeur, ils acceptèrent les excuses qui venaient de toute part. Richard, notre ami fermier ne fut pas oublié. Toute sa vie qu’il passa dans la ferme qui lui venait de ses parents, il reçut la gratitude de ses animaux.
Quant à Martin et Caroline, ils furent les bienvenus parmi toute cette grande famille et en trouvèrent une d’adoption en restant avec César, Oscar, Marguerite et Bernard, le papa.
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