Boucle d’or et l’étroit zours – Jean-Marie Audrain

Déjà toute petite, cette fille unique ne cachait pas être une grande gourmande et adorer repérer et même dévorer illico les truffes dans les bois de son papa.

Ce dernier semblait tenir plus que tout à ses truffes au point qu’il finit par traiter sa fille de petite truie et de lui insérer dans le nez une boucle d’or afin de protéger ses précieuses truffes. C’est ainsi que lui vient le surnom de Boucle d’or.

D’année en année, la pauvre Boucle d’or grandissait en sagesse et en gourmandise, mais n’avait pourtant pas renoncé à son appétence pour les arbres truffiers et leurs délicieux champignons noirs qu’elles traçait et retrouvait en suivant les cochons pisteurs de son papa. Elle les dégustait dans une petite cabane secrète qu’elle s’était construite entre quatre vénérables chênes.

Or, un jour, de retour de sa récolte discrète, Boucle d’or trouva, nonchalamment assis à sa table un confrère animal difficilement reconnaissable car il ne portait que la peau, les os, les griffes et les crocs. La jeune fille se réjouit d’avoir pour invité surprise l’étroit zours qu’elle ne trouvait pas trop glamour pour un prince charmant et qu’elle s’apprêtait à surnommer Maigre-laid lorsque le titre de son livre préféré de Tolstoï s’imposa à elle : Guerre épais !  Ainsi serait le petit nom de l’étroit zours.

Elle partagea avec lui, jour après jour, son butin, non pas à parts égales mais en parts cordiales : les grosses pour lui, les petites pour elle ! L’étroit zours reprenant du poil de la bête était si satisfait et si reconnaissant qu’il voulait faire des big bizous sur le bout du nez de Boucle d’or, mais celui-ci se coinçait le bout de la truffe dans son anneau volumineux, si bien qu’en voulant le lui arracher, l’étroit zours devenu le baraqué zours se retrouva avec la boucle d’or sur la truffe !

Grâce à l’astuce de son nouvel ami, Boucle d’or put se ré approprier son vrai prénom Oriane et céda à son nouvel ami son surnom de Boucle d’or !  Ainsi Boucle d’or était désormais l’étroit zours, mais cela, seule Oriane le sait !

 

A voir ici en vidéo :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (977)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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