Blanc comme du lait
Issu d’un sein d’albâtre nourricier
D’un velouté qui renvoie à nos origines maternelles
Blanc de la laine accueillante
Moutonnante et gonflante, apaisante
Nous flottons dans un nuage immaculé
Puis, blanc comme les nuits de Paris
Striées d’éclairs stroboscopiques
Qui s’achèvent place Blanche
Au petit matin livide
Où les amoureux transis
Se réveillent dans des draps froissés
Blanc de la robe de mariée
Des lys de l’église pavoisée
Et des maisons chaulées
D’un voyage de noces en Méditerranée
Où d’un voilier qui glisse
Sur une mer apaisée
Mais blanc comme le flash du radar
Et de la chambre d’hôpital
Où la morphine comme la neige
Tombe en flocons dans le cathéter
Le brouillard épais des solitudes glacées
Nous enveloppe dans une douce clarté
Et notre esprit sombre sur la banquise
Vers quelque paradis blanc
Dont les limbes laiteux
Nous retiennent à jamais prisonniers
