Aube – Richard Daurel

 

Englué dans l’ennui comme dans une boue,

Le bétail des humains essuyant sa sueur,

S’éveillait dans le froid dès la moindre lueur,

Quand, de la rue, montait un grincement de roue :

 

Des boeufs crasseux tiraient un char dans la gadoue

Et des volets claquaient à l’heure du labeur;

La nuit, fille du temps, retenait sa lenteur,

Le vent hurlait comme un condamné qu’on encloue.

 

Mais parfois à l’instar d’une étoffe qu’on froisse,

Un ciel de fer s’ouvrait libérant son angoisse

Sur la terre irisée de reflets chancelants;

 

Des flaques d’aube bleue, ainsi qu’en eau profonde,

Laissaient alors rêver aux lumières du Monde

Dans des trouées d’azur parmi les goélands.

 

Richard Daurel

Richard Daurel (2)

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Gérard Lepoutre
23 février 2026 11 h 20 min

Bonjour Richard,

Superbe poème.

L’on se représente bien la scène décrite.

L’on “voit” les animaux, les éléments naturels jouant un rôle important.

Sous-jacent, les activités de l ‘Homme.

Cordialement.
G.L.

Pascale Jarmuzynski
23 février 2026 10 h 45 min

les eaux libératrices ….
Mais parfois si destructrices ….

J’ai beaucoup aimé, merci pour ce partage.
Cordialement.
Pascale