Sur une plage nue,
Offert aux inconnus,
Je défie le monde. Mieux, fier et fou, j’affronte
Cet horizon désert
Où naît le vent disert
Qui soulève l’onde à la fronde toujours prompte.
Si le sel m’a rongé
Et l’écume aspergé,
Je reste à l’amarre, battu par les bourrasques
Qui me laissent si seul,
La brume pour linceul,
Face à cette mare et à ses frasques fantasques.
Mais je reste de bois
Quand l’Homme est aux abois
Voit dans les coups de lames, les nœuds des nuages
Ou le cri des oiseaux,
Quelque doloroso,
L’augure du drame, l’annonce d’un naufrage.
Pont entre terre et mer,
Sable âpre et ciel amer,
J’ai un pied dans la trombe et goûte au jus d’orage
Plus souvent qu’à mon tour
Sans craindre le retour
Des heures sombres où l’eau est à tous les étiages…
© Christian Satgé – mars 2012
Ce siégé qui a en n’en point douter, fut trône ou saint siège ne devrait pas finir au ban de l’empire des sens. Ne serait-ce en souvenirs des amoureux qui se bécotèrent sur ce dernier
très joli texte Christian ! pour ce banc inondé de souvenirs , face a l ‘immensité qui lui donnera l ‘érosion de sa vieillesse en bois ! cordialement ! annie viti
Bravo Christian très beau et captivant partage merci
Douce nuit
Mes amitiés
Fattoum.
Un banc figé dans le sol et pourtant nous fait voyagé au plus loin de l’horizon, comme le témoin d’une vie qui passe devant lui. La beauté est dans la simplicité.
Merci pour ce texte Christian Satgé.
Quelle belle idée de faire “vivre” ce banc, restant stoïque contre vents et marées…
Ces sentiments et sensations sont sans aucun doute ceux qu’il pourrait nous conter
si….
Merci Christian pour ce moment
Amitiés
Chantal