Ateliers Poétiques – Les différentes métriques

Un nom pour chaque métrique

le vers de douze syllabes ou dodécasyllabe ,

plus souvent nommé ‘alexandrin
le plus utilisé pour sa grande variété de rythme :

il peut être divisé par deux, trois, quatre, six et sa moitié encore par deux et trois.
Les vers classiques n’ont jamais dépassé douze syllabes.

 Le vers de onze syllabes ou endécasyllabe.
Il comprend deux parties inégales : 5 + 6.
Un petit garçon / demandait à son père :
Faisait-il soleil / quand je n ‘étais pas né ?

Ou en 8 + 3 : le premier hémistiche, 8 ; élan majeur et lyrique ;

le second, 3 : un étranglement, l’élan est brisé.
“Un cri voudrait jaillir de moi / et ne peut…”

Le vers de dix syllabes ou décasyllabe
II a son repos après la quatrième syllabe suivie de la moitié d’un alexandrin (4 + 6)
: Figurez-vous / un beau front triomphant,
Un frais sourire / en une fraîche bouche,
Victor Hugo

iI est parfois coupé en deux (5 + 5)

mais son rythme saccadé devient vite déplaisant.

Il est alors conseillé de croiser les rimes.
Dans la plaine blonde / et sous les allées,
Pour mieux faire accueil / au doux messidor,
Nous irons chasser / les choses ailées,
Moi, la strophe, toi / le papillon d’or.
François Coppée “Le Reliquaire”

le vers de neuf syllabes ou ennéasyllabe.
Il se divise surtout en 3 + 6, plus rarement en 4 + 5,

cette dernière découpe cassant le rythme

par une deuxième partie de vers impaire.
Un chagrin / qui voudrait s’assoupir
Un frisson / qui fait mal et qui charme,
Un sourire / en qui glisse une larme,
Un sanglot / qui finit un soupir.
Fernand Gregh

Le vers de huit syllabes ou octosyllabe.
Ce vers demande une césure même très légère mais celle-ci n’est plus imposée.
Son harmonie dépend du choix judicieux des mots, des rimes, des croisements de rimes.
il se prête à tous les tons. Après l’alexandrin, c’est, de loin, le vers le plus utilisé.

Le vers de sept syllabes ou heptasyllabes.
C’est un vers “pétillant” L’accent se met, en général, sur la troisième ou quatrième syllabe et l’oreille ajoute instinctivement une syllabe muette qui rétablit la symétrie.

Le vers de six syllabes ou hexasyllabes
il se partage en 3/3 , il est souvent utilisé avec d’autres métriques ; 12 /6 ou 8/6

le vers de cinq syllabes ou pentasyllabe
employé dans la forme haiku , il n ‘a pas de césure

Le vers de quatre syllabes ou tétrasyllabe
Ce vers est rarement utilisé seul.
Comme pour le vers de six syllabes, on l’utilise, le plus souvent,

avec des vers de longueur différente.
Que m’importe que la nuit tombe
Et rende, ô Dieu !
Semblable au plafond qui tombe
Le beau ciel bleu.
Victor Hugo

Le vers de trois syllabes ou trisyllabe.
Ce vers, également, n’est plus guère utilisé qu’entremêlé

avec des vers de longueur différente (cfr. La Fontaine dans ses fables).

Le vers de deux syllabes ou dissyllabe.
Il ne figure qu’entremêlé avec des vers de longueur différente.
Amédée Pommier – a écrit en dissyllabes un poème “Pan”

en trois cents vers environ répartis en trente neuf stances. En voici la dernière :
Grand être

 Qu’ ‘on sent,

  O maître

Puissant,

 Roi juste

, Auguste

   Et bon,

 A l’âme

 Tout clame

 Ton nom.

 Le vers d’une syllabe ou monosyllabe.
Encore plus difficile à utiliser que les précédents, il possède, par contre

, en lui-même, de grandes possibilités expressives lorsqu’il est entremêlé

avec des vers de longueur plus importante.
Le chef d’œuvre du genre, encore inégalé, est, sans conteste

ce sonnet de Jules de Rességuier :

Fort
Belle,
Elle
Dort.

Sort
Frêle !
Quelle
Mort !

Rose
Close,
La

Brise
L’a
Prise.

Martyne Dubau

Martyne Dubau (52)

Je suis née à Bordeaux et je vis toujours dans ma Nouvelle et belle Aquitaine depuis ce jour là..
J'écris pour ne pas mourir, comme le chantait Anne Sylvestre .
Pour exister par mes mots, laisser une trace ; pour oublier aussi les difficultés de mon quotidien car la maladie est dans ma vie depuis plus de vingt ans ; elle me fait trembler, souffrir, pleurer, pour la supporter j'ai retrouvé le gout pour l'écriture et le dessin , laissé de côté pour la vie de famille;
j'écris mes maux avec mes motsje dessine sur mes silences , je les habille de couleurs, les déguise de fantaisie, en un mot ma philosophie est « bleutitude » !
Le bleu est ma couleur et le papillon mon animal totem !
J'aime les vers classiques et la prosodie dont j'ai commencé l'apprentissage en 2008 avec passion et assiduité , mon écriture est donc classique mais j'aime aussi le libre et la prose, je m'amuse à tenter les différentes formes de poésie. J'ai participé à de nombreux concours internationaux et obtenus plusieurs premiers prix
Je suis directe et franche dans mes ressentis, ne vous en offusquez pas ; ils sont parfois un peu trop «  brut de pomme »comme on dit, mais mon cœur n'est que gentillesse et partage, j'aime aider et conseiller je n'y peux rien , je suis comme ça !
Tant que la maladie me le permet , je poursuis mon apprentissage et je transmet mon petit savoir , le partage est un plaisir qu'il ne faut pas se refuser .

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Colette Guinard
11 novembre 2021 12 h 00 min

cela reste toujours compliqué pour moi, difficile de me creuser la cervelle mais je vous lis! colette

Plume de Poète
Administrateur
1 novembre 2021 9 h 18 min

Un grand merci à notre Modératrice Martyne pour l’ouverture de ces Ateliers Poétiques où différents thèmes et sujets seront abordés régulièrement.
Si d’autres personnes souhaitent participer en publiant des articles, il suffit de le faire par la page des Publications rubriques Aides.
Bonnes découvertes !