
Il n’avait jamais le dernier mot, l’Ernest
Et parfois pas même le premier !
Surtout, il ne fallait pas qu’il affronte son regard
S’il ne voulait pas être mis en pièces !
Il la voyait plus comme une louve enragée
Que comme sa légitime conjointe
Et devait garder profil bas
Pour échapper à griffes et crocs.
Mais cela n’allait pas durer
Car il avait trouvé refuge salutaire
En cette cave dont il avait décoré un mur au fusain
Juste en dessous d’une fébrile baladeuse.
La louve qui y figurait à présent
Projetait son ombre sur le ciment crépusculaire
Regard docile et gueule scellée.
Ernest aimait peser de tout son poids
Sur l’ombre de sa truffe projetée dans un coin du sol
Se tenant littéralement nez à nez avec sa créature
Qui ne pipait mot quand il l’affublait de tous les noms d’oiseaux
Qu’il connaissait par cœur pour les avoir trop entendus.
« Debout, couchée, aux pieds, monstrueuse bête ! ».

Il se plaisait à affirmer son autorité
Sur cette maîtresse avec laquelle il prenait sa revanche
Et qui ignorait qu’elle jouait le rôle de la matrone
Qui hurlait après lui au-dessus de sa tête
Dans une maison ridiculement vide.
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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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Un poème qui me parle hélas…mais c’est une bonne chose que de l’avoir écrit. Bises
Poème original. Avec cet Ernest. Qui est le maître ? Ou la maîtresse ?
Mais c’est qui c Ernest?
Beau poème: il à pris sa revanche merci beaucoup
Triste réalité ! Quel malheur !
Bonjour Poète, ta poésie est originale, j’aime beaucoup ,et l’Ernest dans sa cave n’allait-il pas tâter de la bouteille pour noyer son chagrin d’avoir une mégère en sa demeure, ça ne me surprendrai guère, tant de couples se chamaillent ainsi c’est affligeant parfois, l’autorité en amour ne devrait pas exister juste de l’harmonie où chacun respecte l’autre et ne veut pas le dominer mais l’accompagner sur un chemin de vie commun, voilà mes réflexions de bon matin, félicitations et bon Jeudi, bisous.
Triste revanche, l’essentiel est qu’il s’apaise de ce vécu difficile 😉
Et bien quelle revanche