Pas bête l’Ernest ! – Jean-Marie Audrain

Il n’avait jamais le dernier mot, l’Ernest

Et parfois pas même le premier !

Surtout, il ne fallait pas qu’il affronte son regard

S’il ne voulait pas être mis en pièces !

Il la voyait plus comme une louve enragée

Que comme sa légitime conjointe

Et devait garder profil bas

Pour échapper à griffes et crocs.

 

Mais cela n’allait pas durer

Car il avait trouvé refuge salutaire

En cette cave dont il avait décoré un mur au fusain

Juste en dessous d’une fébrile baladeuse.

La louve qui y figurait à présent

Projetait son ombre sur le ciment crépusculaire

Regard docile et gueule scellée.

 

Ernest aimait peser de tout son poids

Sur l’ombre de sa truffe projetée dans un coin du sol

Se tenant littéralement nez à nez avec sa créature

Qui ne pipait mot quand il l’affublait de tous les noms d’oiseaux

Qu’il connaissait par cœur pour les avoir trop entendus.

« Debout, couchée, aux pieds, monstrueuse  bête ! ».

 

Il se plaisait à affirmer son autorité

Sur cette maîtresse avec laquelle il prenait sa revanche

Et qui ignorait qu’elle jouait le rôle de la matrone

Qui hurlait après lui au-dessus de sa tête

Dans une maison ridiculement vide.

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (961)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Anne-Marie Hébert
17 octobre 2024 11 h 41 min

Un poème qui me parle hélas…mais c’est une bonne chose que de l’avoir écrit. Bises

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
17 octobre 2024 11 h 13 min

Poème original. Avec cet Ernest. Qui est le maître ? Ou la maîtresse ?

Fanou
Invité
Fanou
17 octobre 2024 10 h 09 min

Mais c’est qui c Ernest?

Salifou Koala
Invité
Salifou Koala
17 octobre 2024 8 h 53 min

Beau poème: il à pris sa revanche merci beaucoup

Stievenard Demont Christine
Invité
Stievenard Demont Christine
17 octobre 2024 7 h 57 min

Triste réalité ! Quel malheur !

voulzi jeanne
Invité
voulzi jeanne
17 octobre 2024 7 h 17 min

Bonjour Poète, ta poésie est originale, j’aime beaucoup ,et l’Ernest dans sa cave n’allait-il pas tâter de la bouteille pour noyer son chagrin d’avoir une mégère en sa demeure, ça ne me surprendrai guère, tant de couples se chamaillent ainsi c’est affligeant parfois, l’autorité en amour ne devrait pas exister juste de l’harmonie où chacun respecte l’autre et ne veut pas le dominer mais l’accompagner sur un chemin de vie commun, voilà mes réflexions de bon matin, félicitations et bon Jeudi, bisous.

Isabelle
Invité
Isabelle
17 octobre 2024 6 h 00 min

Triste revanche, l’essentiel est qu’il s’apaise de ce vécu difficile 😉

Invité
10 juillet 2017 22 h 52 min

Et bien quelle revanche