Amour des mots, maux d’amour – Jean-Marie Audrain

Quelle puissance revêtent les mots pour que l’on puisse avancer ‘Non ce n’est pas l’amour qui fait les histoires d’amour, ce n’est pas ça toujours…ce sont nos mots d’amour » (Michel Polnareff)

 

   Il est vrai qu’il est déplorable qu’il n’existe guère de mots d’amitié, comme si ce sentiment pouvait s’en passer ou comme s’ils restaient à inventer. Peut être que dire « mon ami(e) » résume un lien du cœur avec des mots pleins et suffisants à eux- mêmes, tandis qu’en amour, on se satisfait difficilement d’un terme « générique », lui préférant dans un premier temps des noms d’animaux apprivoisés : ma biche, mon canard, ma tourterelle, mon nounours…jusqu’à ce qu’advienne l’âge des noms d’oiseaux.

Mais dans tous les cas de figure, ne sommes nous pas menés, voire abusés, par les mots ?
Tous les mon canard et toutes les ma biche ne vaudront jamais un vrai 

Je t’aime.

Surtout si celui-ci se solde non seulement de câlins sonnants et trébuchants mais aussi d’actes sans équivoque à la bonne odeur de long terme.

On préfère trop souvent les mots qui ne mouillent pas car le Je, joint au verbe Aimer, n’est pas qu’un assortiment de « mots doux ». Il engage qui les prononce. On peut ‘retenir’ (différer ?) cette déclaration par timidité ou par honnêteté. Pour l’un, ce sont des mots initiatiques qui commencent une histoire, pour d’autres des mots qui viennent clore l’épilogue.

Il est bien connu que l’honnête homme est enclin à ne livrer sa déclaration qu’in extremis, cela vaut pour les revenus comme pour « les Grands sentiments », autre chanson iconoclaste de Polnareff.

 


 

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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