SILENCE (suite et fin) – Didier Trimoulet

 

Sur les ailes du vent
Danse sans contretemps
Et fleuri des aurores
Dans mes noirs crépuscules
Comme des campanules
Qui se broderaient d’or.

Tel un mime incertain
Un clown mélancolique
Oubliant les chemins
Bordés de nostalgiques
Je déambule sur place
Et ma bouche cousue
Par mon cœur qui se glace
Au sein de la cohue
Fuis les mots acérés
Qui blessent, les mots forts
Qui lapident à mort
Les mots doux et légers.

Sur les ailes du vent
Danse sans contretemps
Et fleuri des aurores
Dans mes noirs crépuscules
Comme des campanules
Qui se broderaient d’or.

Le devoir d’exprimer
N’est pas nécessité
Quand fusent un geste,
Une odeur qui reste,
Un regard qui caresse
Sans une maladresse.
Les papillons de l’âme
Ont la couleur des flammes
Cautérisant les plaies
Dans un tendre ballet
Comme le lac des signes
Effacerait les lignes.

Sur les ailes du vent
Danse sans contretemps
Et fleuri des aurores
Dans mes noirs crépuscules
Comme des campanules
Qui se broderaient d’or.

On ne peut que taire
Les mots de la guerre
Les deuils, les souffrances
Les douleurs qui s’élancent.
Continue de chanter
La verdure des prés
La courbure de l’azur
Tes hymnes à la nature
Car la force d’aimer
Le pouvoir de rêver
Donnent chairs d’avenir
Au sang des souvenirs.

Sur les ailes du vent
Danse sans contretemps
Et fleuri des aurores
Dans mes noirs crépuscules
Comme des campanules
Qui se broderaient d’or.

Didier TRIMOULET

silence

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Valérie Naelle (Mnémosyne)
Invité
17 décembre 2015 23 h 51 min

Dans ces voyages, nous restons seuls, nous traversons avec douleur ce temps. Parfois, par chance, une ou des lumières nous apparaissent, on pourrait en effet les prendre pour des mirages, tant ces illusions combattantes de nos propres solitudes sont belles. J’avais un mirage… Qui n’est plus qu’un vague souvenir et dont la force me semblait alors invincible tant sa lumière était belle, éclatante, un miracle dans la tourmente. Mais, ce n’était qu’un mirage, un cadeau de la providence, juste le temps d’y croire, à peine un souffle qui s’est éteint sans bruit, sans colère, sans regret. Sans doute faut-il saisir à nouveau ces lumières à condition d’avoir la chance de les voir surgissent à nouveau, mais rien n’est juste en ce monde ! :-) Pour l’écrivaillon, la blancheur des pages aveuglent, les mots restent à broder et se font refuge. Parfois, j’avoue qu’il manque du fil à ma pelote qui s’est vidée trop vite. Ce n’est pas triste, ce n’est pas un mauvais sort du destin, il n’y pas de résignation, c’est juste la vie tout simplement.

Véronique Monsigny
Membre
13 décembre 2015 18 h 52 min

Bravo Didier, j’aime beaucoup ! je pense aussi que les mots sont forcément réducteurs quand ils veulent exprimer l’indicible.
En même temps les maux sans mots deviennent maladie parce que mal dit…. Mais là, c’est fort bien dit !

Valérie Naelle (Mnémosyne)
Invité
13 décembre 2015 16 h 20 min

Bonjour, Un très beau poème qui se lit dès les premiers mots. Telle une barque qui glisse sur l’eau les mots vont et reviennent nostalgiques et en toute sérénité. J’aime bien ces mots qui semblent partir très loin, mais toujours reviennent en refrain de plénitude.