Mélancolie – Jacques Hermitte.

Mélancolie.

Toi qui fut si souvent ma sereine compagne,

toi, par qui j’ai appris à aimer ma douleur,
la douce solitude, l’automne à la campagne,
ô toi mélancolie, toi ma petite soeur !

Reviens, reviens un peu, reviens, reviens à peine,
point de trop car alors mon coeur s’épuiserait
et les anciens démons pourraient briser leurs chaînes,
viens par petites doses, toi mon tendre secret.

Les ans vite ont passé, avec eux tout s’apaise,
les craintes, les désirs, les peurs, tous les excès,
l’enfer que j’ai connu a étouffé ses braises,
mes paradis perdus ne reviendront jamais.

Ô toi, mélancolie, ô ma douleur secrète,
te souviens-tu nous deux et nos jeunes années ?
Je voulais tout aimer, j’étais alors poète,
je savais tant aimer et tu m’accompagnais.

J’écrivais jour et nuit, c’était là mon remède,
je fréquentais les bois, les dames des forêts,
je courais pieds dans l’eau, je buvais aux fontaines,
et j’avais pour témoin un regard familier…

Celui que j’ai prié pour apaiser mes peines
car j’ai connu l’enfer dont Il m’a délivré,
Lui qui m’a tout donné, donné de tout connaître,
l’horreur et la souffrance, la prière et la paix.

Ô Dieu des éléments ! essence de tout être,
je sais ma petitesse et Ton immensité,
par Toi les choses sont, par Toi elles doivent être,
merci pour ma douleur…quand c’est Ta volonté.

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Véronique Monsigny
Membre
15 janvier 2016 17 h 42 min

Merci Jacques pour cette magnifique action de grâce que je pourrais faire mienne… mais sans doute le dirais-je pas aussi joliment et avec tant de pudeur…

Brahim Boumedien
Membre
14 janvier 2016 21 h 05 min

Merci, Jacques pour ce partage qu’on ne se lasse pas de relire et ce stoïcisme remarquable forgé par une croyance sans faille en la volonté divine.